Rapa et les mouillages Martiniquais

Après le récit de son voyage vers les Antilles, Joël Pentier nous livre ici la suite de ses aventures avec une descriptions des mouillages de Martinique. Un grand merci pour ces lignes et images  qui laissent rêveur, sans doute, plus d’un(e) Boulonnais(e) frigorifié(e)…

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Et voilà, nous voici à la fin de ce séjour au soleil. Comme le temps passe vite, c’est déjà le mois d’avril. Ma femme va repartir dans quelques jours et je vais remonter vers Saint Martin d’où début mai, j’appareillerai pour les Açores.

Cette fois ci, pas de navigations durant ce séjour, ou seulement de très courtes. En effet, ma femme a subi il y a quelque temps une opération très délicate sur les vertèbres cervicales et de ce fait, elle ne supporte plus d’être trop en mouvement du cou. C’est pourquoi, nous sommes restés en Martinique tout l’hiver. Je ne vous raconterai donc pas ce que nous faisions lors de précédents voyages à savoir les Grenadines à commencer par Ste Lucie et ses spectaculaires 2 pitons- St Vincent avec Ouallilabou, le site où fut tourné le film « Pirates des Caraïbes » et les boat boys à g Cannouan sur laquelle on a érigé un centre de vacances pour riches (on a même reconstruit les misérables cases des habitants du village en dur afin que le spectacle de la misère ne soit pas trop insupportable pour les vacanciers)- les magiques Tobago Cayes avec le Horse Shoe Reef qui est un récif de corail qui casse la houle atlantique permettant de mouiller en toute sécurité face à l’océan, on peut admirer sa forme particulière en fer à cheval en gravissant l’île de Meyreau voisine de ce site étonnant- la très commerciale Union avec ses baraques de commerce un peu partout- Carriacou la très discrète et très belle, avec des mouillages tranquilles et superbes comme Tyrel Bay et des langoustes à 2m de profondeur à proximité du mouillage. Bien d’autres îles présentent un intérêt particulier avec des eaux transparentes turquoises mieux que sur les cartes postales.

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Les yoles traditionnelles Coucher de soleil

Je ne vous parlerai donc pas non plus des mouillages de l’île très nature et très verte qu’est la Dominique (ne pas confondre avec la République Dominicaine), du petit archipel des Saintes au sud de la Guadeloupe à croquer, de la Guadeloupe si attrayante, de la très British Antigua avec ses plages de rêve, de Monserrat dont le volcan est toujours en éruption.

Je vous parlerai seulement des mouillages Martiniquais que nous avons fréquentés et qui nous ravissent toujours autant.

Tout d’abord, l’incontournable mouillage du Marin. L’eau y est trouble mais c’est le mieux abrité et on y trouve tout pour l’avitaillement et pour l’équipement du bateau, avec d’excellents spécialistes dans tous les domaines nautiques.

En quittant le Marin, situé au fond du Cul de Sac, à la sortie de la baie, on trouve la pittoresque ville de Ste Anne. Fréquentée par de nombreux touristes, cette ville est dotée d’un marché de produits locaux, de souvenirs et de boissons préparées par les vendeuses qui ont des prétendues vertus avec des noms plutôt évocateurs: bois bandé, redresseur de zizi, éclate braguette etc…

De Ste Anne on voit un paysage fabuleux nommé « la femme couchée » avec le fameux rocher du Diamant au large.

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On aperçoit « la femme couchée » Une plage à Ste Anne

Les eaux sont agréables, claires et la baignade apporte bien des plaisirs. Le mouillage est peu rouleur. Un peu à l’écart, on a vers le sud l’anse Caritan, et la plus belle plage de Martinique, la plage des Salines. Vers l’intérieur de la baie, le magnifique site du Club Méditerranée. Dans la ville, de nombreuses boutiques et restaurants et une épicerie dans laquelle on trouve le minimum. Il faut dire que le ravitaillement n’est jamais simple, peu de magasins avec de la viande. On ne trouve généralement que des queues de cochon ou du groin, du poisson salé. Si on entend l’appel du lambis (gros coquillage dans lequel on souffle et qui produit un son puissant), c’est un pêcheur qui rentre et qui met en vente son poisson; on peut ainsi acheter des petits poissons en mélange, du thazar, de l’espadon, du thon, de la daurade coryphène en fonction de l’arrivage.

De Ste Anne, quand on se dirige vers le nord, on passe à proximité du rocher du Diamant qui vu sous un certain angle, donne l’impression d’une tête de singe. Il y a souvent des remous dans ce coin. On arrive ensuite dans un endroit qu’on souhaiterait habiter tant c’est agréable, je veux parler des Anses d’Arlet. Plusieurs sites relèvent de la même commune et j’ai mes préférences. Ces sites se nomment dans l’ordre: Petite Anse, Anse Chaudière, Anse du Bourg, Grande Anse, Anse Dufour, Anse Noire.

Petite Anse n’est pas fréquentée par les plaisanciers car trop houleuse et manquant de fond. L’Anse Chaudière très calme est éloignée d’un lieu de débarquement. L’Anse du Bourg est un peu rouleuse mais elle a un certain cachet et possède un ponton qui ueules de pirates- l’incomparable Bequia avec ses « bateaux-pays » la pauvre permet

permet de débarquer avec les annexes. La Commune possède un marché local et quelques marchands de fruits et légumes. On trouve du poisson à l’étal des pêcheurs. L’intérêt de ce site est un rocher peu éloigné de la plage qui émerge légèrement et qui est tellement ri²che en poissons tropicaux et en coraux ou autres éponges qu’on croirait nager dans un aquarium.

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Le rocher du Diamant Mouillage du Marin

Vient ensuite Grande Anse, l’un de mes endroits préférés: on y voit des tortues marines pour certaines de sacrée taille, qui pâturent les algues au fond, évoluant dans des eaux d’une transparence inimaginable. Les fonds, notamment vers les pointes offrent aux amateurs de contemplation de fonds marins des variétés de poissons multicolores, de coraux de formes curieuses, de gorgones, d’éponges etc… et ceci avec juste un masque et un tuba. De plus, la plage et la petite esplanade interdite aux véhicules sont tout simplement somptueuses.

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Grande Anse d’Arlet Grande Anse d’Arlet

Un ponton permet d’amarrer les annexes et quelques boutiques permettent d’acheter le minimum. L’arrière-pays est attractif pour ceux qui aiment la rando et s’intéressent aux espèces végétales. On peut aller à pied au bourg par la route ou par un sentier assez rocailleux. Cette année, des bouées ont été installées pour l’amarrage des bateaux de passage avec l’excellent prétexte de protéger les fonds des dégâts causés par les ancres. Ceci serait extrêmement louable si dans le même temps on n’en profitait pas pour ponctionner 8€ par jour sans service rendu (pas de toilettes, pas de fourniture d’eau…)

L’Anse suivante est l’Anse Dufour qui jouxte un petit joyau: l’Anse Noire. Curiosité géologique, l’Anse Dufour possède une plage de sable blond et l’Anse Noire de sable noir. Cette dernière offre une ambiance particulière et des eaux si riches en poissons qu’on y voit des pélicans. Un ponton avec un petit carbet et en arrière plan une bâtisse en bois que rien ne permet d’assimiler à un hôtel restaurant et pourtant c’en est un. C’est le bien nommé Robinson. Cette Anse n’est pas accessible aux voitures. On n’y accède qu’à pied par un grand escalier ou en bateau.

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L’Anse Noire L’Anse Dufour

Vient ensuite l’Anse Mitan qui se situe près de la Pointe du Bout. Ce mouillage est bien abrité si on se positionne près de l’ancien ponton du Bakoua. Le Bakoua est un hôtel « les pieds dans l’eau » et il y a quelques années, un ponton offrait des places pour amarrer des bateaux mais aussi un poste à carburant, à eau, et une restauration. C’était bien pratique mais tout cela a été détruit par un cyclone et n’a pas été reconstruit. Des navettes releint l’Anse à l’âne voisine, l’Anse Mitan, la pointe du Bout à Fort de France et c’est bien pratique surtout quand on sait que la route de Fort de France souffre d’embouteillages monstres et chroniques.

ancienpontonOn aperçoit l’ancien ponton pitoncarbetLes pitons du Carbet vus d’Anse Mitan

Pour ceux qui aiment bien faire un peu de ponton de temps en temps un charmant petit port offre de temps en temps la possibilité de s’amarrer.

La Pointe du Bout c’est aussi « le village créole » un ensemble commercial récent érigé autour d’une placette, avec une architecture assez agréable. A la Pointe du Bout, j’ai le plaisir de retrouver mon ami Johann dont j’ai fait la connaissance il y a 3 ans alors qu’il faisait aussi un voyage transatlantique avec sa famille. Depuis tout ce petit monde s’est installé ici et Johann a repris le grand catamaran de promenades à la journée nommé « Cata Créole ».

Le mouillage de la capitale Fort de France dans la Baie des Flamands, est devenu très intéressant car on peut maintenant amarrer son annexe en toute sécurité, la place de la Savane ayant été sécurisée et améliorée pour ce qui est de l’esthétique. On mouille au pied du Fort et l’abri est bon. On roule un peu du fait des nombreuses navettes mais l’avantage d’être à portée de tout pour le ravitaillement et les emplettes est important. C’est une ville intéressante qui grouille de vie mais le soir, au-delà de 18h, il n’est pas conseillé de traîner dans les rues.

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La bibliothèque Schoelcher Une rue piétonne
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Mouillage au pied de la Montagne Pelée Ruines de la prison et cachot de Cyparis

Le dernier mouillage dont je vous parlerai (il y en a plein d’autres) est celui de St Pierre. Il est souvent rouleur et il règne dans cet endroit une ambiance bizarre. Cette ville était la capitale de la Martinique avant que l’explosion de la Montagne Pelée ce volcan du nord de l’île, ne réduise la ville et les environs à rien en 1902. Des navires de commerce étaient au mouillage, ils gisent tous par le fond à l’endroit où ils étaient.

Le Belem échappa à cette catastrophe parce qu’il n’y avait plus de place pour lui au mouillage, il dut aller en attente plus loin. Un seu habitant (dit la légende) réchappa au cataclysme: le dénommé Cyparis, enfermé dans un cachot aux murs d’une épaisseur impressionnante pour ivresse publique !

On peut encore voir ce cachot, et diverses ruines dont celles du théâtre.

A partir de ces divers mouillages, on peut louer une voiture et aller dans la forêt étonnante avec ses arbres et ses plantes dont les fougères arborescentes aussi hautes que des cocotiers. Divers sites méritent une petite visite dont les rhumeries. Les animaux, les oiseaux, les insectes, réservent des surprises aussi importantes que celles qu’on a avec les poissons exotiques. Et que dire des gens qui eux aussi sont uniques et variés, en tous cas avec des habitudes et coutumes parfois déroutantes pour nous mais combien attachants.

Pour ce qui est des habitudes, il en est une qui est bien plaisante, c’est le Ti Punch. Attention, on succombe vite et on prendrait vite l’habitude.

Je vais maintenant quitter cette belle Martinique et vous donner rendez-vous aux Açores.

 7mdefond  fleurdebalisier
7m de fond, étonnant hein ! Fleur de balisier dans la forêt

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