RAPA vers les îles…

Bonjour à toutes et à tous. Nous voici RAPA et moi à HORTA sur l’île de FAIAL aux Açores.

Parti de St Pierre en Martinique le 11 avril, j’appareille pour la Dominique et comme à l’habitude, le canal entre les îles est dur, surtout dans sa seconde moitié. La remontée de la côte malgré qu’elle soit sous le vent est loin d’être calme: brutales rafales, entrecoupées de calmes, de changements de direction du vent, donc beaucoup de fatigue avec toutes les manoeuvres. Il faut remettre en route l’organisme encore englué dans cette espèce de paresse qui vous gagne lors d’un séjour prolongé sous les tropiques. Je mouille pour la nuit à Prince Rupert Bay et achète quelques bananes figue-pomme délicieuses. Le vent est fort même au mouillage. Le lendemain, direction le superbe et attachant archipel des Saintes. J’arrive au Bourg et constate qu’ici aussi, des bouées ont été installées. Je me dirige donc vers le Pain de Sucre et mouille au pied de celui-ci dans un site paradisiaque. Les fonds sont de piètre qualité et il faut aller son ancre. Il fait si chaud, qu’il est impossible de marcher pieds nus sur le pont malgré l’habitude.

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Mouillage au bourg des Saintes

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Une rue au bourg

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Anse Deshaie

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Deshaies, le bourg

Je longe la côte de la Guadeloupe après avoir essuyé des rafales qui couchent le bateau à la pointe du vieux fort. C’est classique ici. Je m’arrêterais bien à l’îlet Pigeon pour plonger, c’est un spot paradis des plongeurs, mais je n’en ai pas le temps. Je m’arrête à l’anse Deshaies très sympathique. L’abri est excellent, les fonds d’excellente tenue et le bourg est bien doté en commerces. Des tortues émergent régulièrement autour des bateaux. Puis départ vers l’île dont le volcan s’est réveillé en 1995 et dont les versants se sont écroulés et ont complètement submergé la capitale de l’île. Heureusement, les autorités avaient ordonné l’évacuation. Le nord de l’île fut épargné et encore actuellement, la plus grande partie de l’île est interdite.

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Montserrat, le volcan Little bay

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Mouillage de Montserrat

A la place de la capitale, on voit un champ de lave dont émergent ici et là, quelques immeubles plus hauts que les autres. Le 15 avril, départ pour St Kitt. Je déborde l’ilôt de Redonda, l’île de Nevis que je connais et viens mouiller à Basse Terre, capitale de l’île. Les Français ont occupé cette île et les habitants à l’époque ont apprécié cette administration et dans la mémoire collective est restée une grande sympathie pour notre Nation. En plongeant pour vérifier mon ancre, je trouve un tas de coquilles de ces oursins plats très jolis qu’on appelle ici des dollars et qui servaient de monnaie aux indiens Caraïbes.

Le lendemain, je longe la côte de St Kitt et m’incline devant cette forteresse perchée sur un mont escarpé, établie par les Anglais, nommée Brimstone Hill et que le marquis de Bouille prit d’assaut avec 6000 hommes, ramenant à la France cette partie de l’île. Ensuite, je mets le cap sur St Barth, apercevant au passage Statia et Saba. Il fait toujours très chaud et l’alizé est puissant et me permet une vitesse de 7 noeuds. J’arrive à Gustavia, port de St Barth assez rapidement. Le mouillage est encombré, et ça remue pas mal. Il y a aussi pas mal de tortues ici, en tous cas plus que les dernières fois que je suis venu. Un petit pélerinage au café « le sélect » où se retrouve tous ceux qui naviguent dans le coin et aussi à ce pittoresque village voisin nommé Corossol où des personnes âgées maîtrisent encore l’art de la vannerie délicate avec les feuilles d’une sorte de palmier.

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Brimstone Hill

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La vannerie à Corossol

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Le port de Gustavia

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Le Sélect

Puis voilà St Martin, île divisée en deux parties, l’une française et l’autre, hollandaise.

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Le mouillage de Marigot à St Martin

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La ville de Marigot

Après avoir contourné par le nord-ouest, me voici mouillé à Marigot. Là, il va falloir faire l’avitaillement pour au moins un mois car la traversée peut durer plus. Victuailles et gasoil en quantité car les calmes ne sont pas rares. Généralement, j’embarque pour ce parcours 250 litres de carburant et il s’avère que parfois, c’est bien juste.

C’est le 2 mai que je me lance et si au début, l’alizé est correctement orienté et me permet de sortir du canal entre St Martin et l’île d’Anguilla sur un seul bord, quelques jours plus tard, il s’oriente au nord-est m’obligeant à faire du nord. Il vire légèrement vers l’est et c’est un cap de 20° qui est permis au près. Normalement le vent adonne au fur et à mesure qu’on grimpe en latitude mais cette fois, rien à faire, si je veux rester à proximité de l’orthodromie, il faut louvoyer. C’est dur car la houle ne vient pas de la même direction que le vent. Elle est juste de face, alors Rapa tape, bute dans la houle de 3m, tombe dans les creux avec des impacts donnant l’impression qu’il va exploser. C’est la première fois que je vois ce type de temps par ici. Quelques heures de calme viennent ponctuer cette galère ce qui me donne l’occasion de faire un accroc géant au spi. Puis, le vent consent à adonner un peu et le cap, sans être direct permet de mettre un peu d’est dans le cap. Les jours s’égrènent au rythme des vacations radio et des tâches du bord. Les légumes et les fruits diminuent, certains se conservant moins bien que d’autres. Arrive la période du tout conserves. J’arrive dans la zone où pourrait se trouver la survie du voilier français Grain de soleil mais ne vois rien. Un navire logistique de la US NAVY semble faire du quadrillage et me contacte par VHF afin de me dire qu’il me déborde par tribord. Il semble que 4 bateaux de plaisance aient disparu dans ces zones.

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Le navire américain Dahle

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Les sargasses

De plus, un voilier aurait été retrouvé vide d’occupants.

La navigation continue chaotique dans une mer confuse mattant à mal le matériel et il se produit de la casse. En arrivant sur la cordillère sous-marine, voilà pour couronner le tout un courant contraire de pratiquement 0,8 noeuds. Le vent se tient maintenant à l’est sud est et permet un cap direct mais toujours au près et avec 20 à 25 noeuds parfois plus. Un grand moment de plaisir, je croise 5 baleines du genre rorqual. J’en ai vu peu cette fois. Puis finalement, c’est l’arrivée à Horta au bout de 24 jours de mer, assez fatigué. Je me paie un de ces « mal de terre » et titube jusqu’au bureau du port.

Prochaine navigation, d’ici à la Bretagne et je vous retrouverai à ce moment-là.

A bientôt

Joël du voilier RAPA

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